
En introduction de séance, la délégation FNME-CGT a fait lecture d’une déclaration liminaire.
Le Plan de Vigilance vise à respecter la loi sur la responsabilité des grandes entreprises concernant la sous-traitance, la sécurité, l’éthique et l’environnement. Si la direction se gargarise de graphiques au vert et de « conformité juridique », la FNME- CGT a porté une voie radicalement différente en séance pour défendre le travail réel et dénoncer la communication managériale.
Points à retenir du rapport 2025 :
1. Sous-traitance : moins d’accidents affichés, mais une impunité persistante.
La Direction affiche une baisse du nombre brut d’accidents chez les prestataires (47 en 2025 contre 53 en 2024). Mais quelle est la réalité du terrain ? Nos collègues évaluateurs font remonter des accumulations d’évaluations en « écart » pour les mêmes entreprises sous-traitantes qui conservent pourtant tranquillement leurs marchés auprès de GRDF !
Pour les élus FNME CGT, la Direction préfère préserver les contrats commerciaux plutôt que d’imposer des sanctions fermes. De plus, GRDF avoue concentrer ses contrôles sur les très gros fournisseurs (classes A et B), laissant un angle mort total sur les 70 % restants (classe C), là où la sous- traitance en cascade fait des ravages en matière de dumping social et de sécurité.
2. Harcèlement, Discriminations et RPS : Les alertes explosent et la Direction panse les plaies au lieu de guérir l’organisation.
Sur ses belles cartes de risques, la Direction a fait disparaître les flèches d’évolution qui permettaient de comparer la situation d’une année sur l’autre tout en prétendant minimiser le risque de Harcèlement/Discrimination. Pourtant, les propres chiffres de GRDF pour 2025 sont alarmants : 103 signalements enregistrés, dont 33 cas d’écarts éthiques avérés (60 % concernent le harcèlement, les discriminations et le non-respect d’autrui).
Parallèlement, les sollicitations sur les dispositifs d’accompagnement psychologique et social sont en hausse constante. Face à cette souffrance au travail générée par les restructurations et le manque d’effectifs, la Direction répond par du virtuel : des numéros verts, des numéros bleus et des e-learning (comme Inclusion by GRDF).
La FNME-CGT a rappelé qu’un numéro vert intervient quand le collègue est déjà en souffrance. C’est du curatif après sinistre. La vraie prévention, c’est l’arrêt des réorganisations permanentes et l’augmentation des embauches sous statut !
3. Un plan sans démocratie sociale.
La CGT a fermement déploré que la Direction refuse toujours d’intégrer les Organisations Syndicales au sein du Groupe Multidisciplinaire de vigilance.
La Direction préfère piloter ces sujets graves en cercle fermé, à l’aveugle, sans ceux qui vivent et défendent le travail au quotidien. De plus, les e-learning obligatoires affichent un faible taux de réussite chez les collègues du collège Exécution. Ce n’est pas par manque d’intérêt, mais par manque crucial de temps et d’accès aux outils numériques sur le terrain face à la pression permanente du chronomètre et de la production.
Pour couper court à la langue de bois et aux réponses à côté de la plaque en séance, vos élus CGT n’ont qu’une ligne de conduite pour ce point : notre santé, nos vies et nos conditions de travail qui ne sont pas des variables d’ajustement comptables !
Comme chaque année, GRDF questionne l’ensemble des agents afin de connaitre leur avis, leur ressenti sur différents items.
Cette enquête se réalise sur une durée de 3 semaines. Pour cette année 2026, le taux de participation est très important (87%), soit pas moins de 9 500 répondants.
De notre point de vue, le choix d’envoi du questionnaire au moment de la période préalable aux CSP de mars dont l’objet principal est l’attribution des AIC, n’incite probablement pas les agents à une franche critique.
La Direction, quant à elle, n’y voit pas de lien et insiste sur l’anonymat des répondants.
Elle reconnait cependant que si les annonces du Premier Ministre sur l’électrification du pays étaient arrivées avant ou pendant l’enquête, les résultats sur la confiance de l’avenir de l’entreprise n’auraient peut-être pas été les mêmes.
Elle refuse de nous transmettre les résultats par site de travail ou tout du moins par maille DR/DCT/Délégation.
Quelques résultats de l’enquête :
Pour les élus FNME-CGT, les résultats de l’enquête C’est à vous 2026 sont surprenants au regard des remontées terrain du quotidien.
Prochain CSE Central : Jeudi 18 juin 2026
La situation énergétique en France et en Europe confirme chaque jour davantage les impasses des politiques de libéralisation engagées depuis plus de vingt ans.
La mise en concurrence des systèmes énergétiques, imposée par les directives européennes et relayée par les gouvernements successifs n’a pas permis de garantir ni des prix stables, ni la souveraineté énergétique, ni les investissements nécessaires à la transition écologique.
Au contraire, les citoyens français subissent une explosion durable des prix de l’électricité et du gaz tandis que les grands groupes privés continuent de capter des profits considérables grâce à un marché spéculatif totalement déconnecté des coûts réels de production.
La FNME-CGT réaffirme que l’énergie n’est pas une marchandise. Elle constitue un bien commun essentiel qui doit être placé hors des logiques financières et répondre aux besoins de la population, de l’industrie et des services publics.
Nous dénonçons les contradictions permanentes de la politique énergétique gouvernementale. D’un côté, l’exécutif affiche des ambitions de réindustrialisation et de décarbonation ; de l’autre, il poursuit les restructurations du secteur, fragilise les opérateurs publics et maintient un cadre européen qui empêche toute maîtrise publique cohérente.
Le maintien du marché européen de l’électricité, fondé sur le mécanisme du prix marginal, continue d’exposer les consommateurs aux fluctuations du gaz et à la spéculation. Ce système pénalise particulièrement la France alors même que notre production électrique repose majoritairement sur un parc nucléaire amorti et peu carboné.
La FNME-CGT exige :
● La sortie du marché européen de l’électricité ;
● Le retour à des tarifs réglementés construits sur les coûts réels de production ;
● La reconstruction d’un grand service public national de l’énergie intégrant production, transport, distribution et commercialisation ;
● Des investissements massifs dans les infrastructures énergétiques ;
● Une programmation énergétique fondée sur l’intérêt général et non sur la rentabilité financière.
Nous rappelons également que la transition énergétique ne pourra se faire ni contre les salariés ni contre les populations. Elle nécessite des emplois qualifiés, des formations, des garanties sociales fortes et une véritable politique industrielle. Les filières nucléaire, hydraulique, thermique, gazière et renouvelable doivent être pensées de manière complémentaire afin d’assurer sécurité d’approvisionnement, indépendance énergétique et réduction des émissions de CO₂.
À l’échelle européenne, la FNME-CGT alerte sur les conséquences sociales et industrielles des politiques actuelles. L’augmentation des coûts de l’énergie fragilise l’ensemble du tissu industriel européen. Les travailleurs paient aujourd’hui les choix dogmatiques d’ouverture à la concurrence et de dérégulation.
Nous refusons que la transition écologique serve de prétexte à une nouvelle vague d’austérité, de privatisations ou de suppressions d’emplois. L’urgence climatique impose au contraire une planification publique ambitieuse, démocratique et socialement juste.
La FNME-CGT continuera de porter des propositions concrètes pour une énergie accessible, décarbonée, souveraine et publique, au service de toute la population.
Lors de la dernière Délégation Spéciale du 29 avril 2026, la CGT vous a interpellés sur le fait qu’il n’y a plus de Médecin du Travail sur la région Poitou-Charentes. Un agent de La Rochelle doit se déplacer à Limoges ou de Niort à Tours pour une visite de reprise.
Nous souhaitons informer la Direction des deux entreprises ENEDIS et GRDF sur une situation particulièrement préoccupante concernant l’avenir du Service de Prévention et de Santé au Travail du service commun au regard des orientations actuellement portées par l’UMS et la Direction Régionale ENEDIS Poitou-Charentes.
En effet, sous couvert de difficultés de recrutement de Médecins du Travail sur la région Poitou-Charentes, la direction de l’UMS par l’intermédiaire de la DR ENEDIS PCH envisage le recours à un service de santé au travail inter-entreprises pour assurer le suivi des agents dans un cadre qui pourrait s’inscrire dans la durée.
Nous tenons à rappeler un élément fondamental, qui ne peut être ignoré dans ce dossier :
L’agrément délivré en juillet 2025 valide un service autonome inter-établissements commun à ENEDIS et GRDF.
À ce titre, toute externalisation partielle vers un service inter-entreprises remet en cause tant la conformité à cet agrément que l’existence même du SPST ENEDIS-GRDF reposant sur des cabinets et des équipes intégrées.
Le recours à un service inter-entreprises ne correspond pas au modèle ayant fait l’objet de l’agrément. À ce jour, aucun élément ne permet de démontrer qu’une telle organisation serait conforme au cadre validé par la DRIEETS d’Ile de France. Nous nous interrogeons donc fortement sur l’existence d’une autorisation formelle et écrite de la DREETS et de la DRIEETS Ile de France tout comme sur la sécurisation juridique de ce montage.
Pour la CGT c’est une atteinte aux prérogatives du SPST ENEDIS-GRDF et aux engagements pris.
Enfin, nous constatons que ce dossier serait traité au niveau du CSE d’établissement DR ENEDIS PCH, alors même que selon les accords existants, les questions relatives à l’agrément relèvent de la Délégation Spéciale des CSEC d’ENEDIS et de GRDF et au CSE de l’UMS pour le fonctionnement du SPST.
Bien que la CGT considère cet accord comme illégal sur la question du contrôle social tout comme la DRIEETS et le Médecin Inspecteur qui rappellent dans leurs validations de l’agrément que « les prérogatives en matière de contrôle social des CSE des établissements auxquels sont rattachés les salariés suivis par les médecins du travail sont donc fortement réduites puisque ces accords dérogent aux dispositions prévues par les articles L4623-4, R4623-5 à R4623-8, R4623-12 et D4622-10 du code du travail. Ces accords collectifs fragilisent à ce titre les garanties d’indépendance professionnelle des médecins du travail dans leur exercice ».
Il n’en demeure pas moins qu’ENEDIS déroge délibérément à l’accord.
Les difficultés remontées à la DS des CSEC ENEDIS et GRDF du 29 avril dernier sur le fonctionnement du SPST piloté et géré par l’UMS doivent interroger les différents acteurs qui ont signé l’accord sur sa pérennité dans le temps.
Pour la CGT, cet accord a vécu et doit être revu dans l’objectif premier de se conformer à la réglementation tout en répondant aux contraintes et exigences de suivi médical des agents du service commun et des conditions d’exercices pour les professionnels de santé.
Concernant l’alerte soulevée, nous demandons aux directions des entreprises ENEDIS et GRDF de faire stopper l’initiative de l’UMS et d’engager des discussions à ce titre avec les organisations syndicales.
Enfin, sur le domaine des Services de Santé au Travail de GRDF, nous vous informons que la délégation FNME CGT a instruit une demande spécifique auprès de la CS2SCT C portant sur l’organisation, les prérogatives, les droits et les obligations de la Médecine Conseil.