Les comptes rendus

Cse-C n°64 du 19 mars 2026

19/03/2026

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Introduction

En introduction de séance, la délégation FNME-CGT a fait lecture d’une déclaration liminaire.

Lire notre déclaration liminaire

1 Projet 3PO - Pour avis

Le projet du nouvel outil 3PO passe pour la seconde fois dans l’instance nationale. En effet, le mois dernier l’ensemble des élus a demandé le retrait du point afin que GRDF présente ultérieurement les impacts organisationnels et structurels liés à la mise en service de ce nouvel outil. Pour rappel, il va impacter pas moins de 5000 agents en 2028.
Si dans son dossier présenté ce mois-ci au CSE C de GRDF, la Direction fournit des éléments, ceux-ci ne sont pas suffisants. Elle précise cependant que l’instance est consultée uniquement sur l’outil et non sur ses conséquences.
Elle annonce d’éventuels gains de performance sur différents emplois :

  • BEX : 7.852 heures/an
  • TG (AI-AMSG) : 44.805 h/an
  • ME-RE-RT (AI-AMSG) : 64.683 h/an
  • APPI : 11.013 h/an
  • C2T : 3.753 h/an

Au total, cela représente des gains de temps métier de 132.106 heures/an soit l’équivalent de 84 ETP (Emplois Temps Plein).
Les élus FNME-CGT au CSE-C de GRDF se demandent si ces gains de temps appelés « performance » par GRDF sont issus de la trajectoire emploi 2023 – 2027 qui ambitionne la suppression de 275 ETP sur les DIEM …
NOUS REVENDIQUONS LE MAINTIEN DES EMPLOIS ET LA REINTERNALISATION D’ACTIVITES face à ces potentiels gains de temps.
Il y a un réel flou inquiétant sur la performance qu’amène ce nouvel outil.
Pour déployer la mise en service de 3PO, GRDF prévoit de former les 5000 agents par des formateurs relais qui auront la responsabilité de former 8 à 12 agents par cession de formation. Nous alertons sur le fait que la formation est un vrai métier et qu’il est impératif que les formateurs relais disposent non seulement de la maîtrise pédagogique, mais aussi des compétences pour former l’humain.
Au vu des éléments du dossier ainsi qu’au vu des engagements pris en séance par la direction de GRDF, les élus FNME CGT au CSE-C de GRDF se sont prononcés favorables à l’utilisation de l’outil. Ils ont cependant émis des réserves quant aux conséquences éventuelles de sa mise en service et ont demandé un contrôle cadencé de l’instance tout au long du macro-planning de mise en service de ce nouveau logiciel.
IL SERA INDISPENSABLE QU’UN SUIVI RAPPROCHÉ SOIT FAIT PAR LES ÉLUS DES CSE-E DR ET DCT concernés par le déploiement de 3PO sur leurs périmètres.
Résultat du vote : 23 VOIX DELIBERATIVES : 22 POUR – 1 CONTRE (CFDT).

Lire notre avis motivé

2 Schéma Directeur de Sûreté de GRDF - Pour information

Celui-ci est lancé depuis plus d’un an. La direction immobilière est venue présenter au CSE-C de GRDF un point d’étape ainsi que l’état d’avancement du déploiement des systèmes de vidéosurveillance et d’accès.
Nous avons été surpris d’apprendre que GRDF a l’ambition de remettre à chaque visiteur sur nos sites de travail un badge de couleur violet afin d’identifier les personnes extérieures.
Nous avons du mal à croire que cette pratique sera appliquée sur TOUS nos sites de travail sauf si GRDF embauche …
Nous dénonçons la stigmatisation, et donc l’identification instantanée des personnes, par des tours de cou de différentes couleurs : vert pour les salariés, jaune pour les CDD/apprentis/stagiaires, bleu pour les prestataires externes et violet pour les visiteurs.
Sur un autre point, nous alertons sur le fait que des caméras enregistrent des zones inappropriées comme les magasins (et donc le magasinier en train de travailler) ou encore des portes de vestiaire. Nous demandons que le positionnement des caméras et leur champ de cadrage serve uniquement à la protection des biens et des personnes et ne puisse pas être utilisé pour « fliquer » des agents.
Nous alertons sur la pédagogie nécessaire à l’accompagnement du déploiement de l’harmonisation des systèmes d’accès et de vidéo surveillance de nos sites de travail. Les agents se posent légitimement de nombreuses questions. Ils doivent pouvoir travailler sereinement en étant convaincus que le seul but recherché est celui de la sureté des sites et non une potentielle répression.
Il est nécessaire que l’ensemble des CSE E DR et DCT s’empare de la question sur leur périmètre afin de s’assurer de la bonne utilisation des systèmes de contrôles et de surveillance.

3 REX sur le Service Social de GRDF - pour information

Cela fait maintenant deux ans que GRDF a fait le choix d’internaliser les services des assistantes sociales au sein de l’entreprise. Elles sont 6 assistantes sociales statutaires accompagnées par des assistantes sociales prestataires.
Nous constatons que l’internalisation de leur activité au sein de l’entreprise est bénéfique. Elles sont en effet plus accessibles et connues, d’autant que leur cœur de métier réside dans la proximité et les échanges en physique avec les salariés.
Nous tenons au passage à saluer leur travail et leur engagement auprès de l’ensemble des agents de GRDF.
Nous regrettons cependant qu’elles soient seulement 6 statutaires.
Leur rapport 2025 met en lumière une réalité sociale qui doit nous alerter collectivement quant à la dégradation du climat de travail et le mal‑être croissant au sein de l’entreprise : elles ont accompagné 1.425 salariés, soit 12,3 % des effectifs. Ce chiffre est en tr²ès forte hausse.
Le travail des assistantes sociales représente un vrai baromètre social de l’entreprise. Il est nécessaire que la Direction de GRDF s’en empare pour réaliser de la prévention primaire.
Le rapport met en exergue par exemple l’impact social des différentes réorganisations/transformations de l’entreprise.
Nous revendiquons que les assistantes sociales soient conviées systématiquement aux comités de suivi des accords ambition sociale, égalité professionnelle et handicap.

Lire notre expression

4 Retour sur la décision de la Cour d’Appel du 5 février 2026

A la demande de la délégation FNME-CGT au CSE-C de GRDF, les porteurs du projet en charge de la conduite du changement sont venus en séance pour répondre à nos interrogations.
La Direction nous communique des éléments sur le plan d’action déployé en lien avec les risques de cette réorganisation. Pour autant, un an après le début de la mise en œuvre du projet, il manque toujours l’évaluation des risques dans le DUERP.
En effet, c’est bien la réorganisation de l’acheminement qui est génératrice de nouveaux risques tels que des risques psychosociaux, des risques liés aux changement des conditions de travail ainsi que des risques organisationnels.
Face à nos alertes et nos demandes en la matière, la Direction s’engage à modifier le DUERP en conséquence et à procéder à l’actualisation des DUERP dans le cadre de nouvelles réorganisations.
Suite au baromètre social effectué en fin d’année 2025 et dont les résultats sont plus qu’inquiétants, la direction de la Délégation de la Relation Client est en cours d’actualisation du plan d’actions de prévention des risques.
Rappelons que la réorganisation de l’Acheminement provoque 264 redéploiements. Ce sont donc 264 agents dont l’équipe est supprimée et qui doivent trouver un nouvel emploi. A date, 166 ont trouvé une solution.

Les élus FNME-CGT vont maintenir leur vigilance sur cette réorganisation, d’autant que la pérennité des emplois des plateaux dits pérennes n’est pas une garantie.

Prochain CSE Central : Jeudi 23 avril 2026

Déclaration liminaire

Séance du 19 mars 2026

Aujourd’hui, à travers le monde, 36 pays sont officiellement déclarés comme étant en guerre, embarquant environ 330 à 350 millions de personnes vers les atrocités, les persécutions et la peur pour leur vie. C’est un niveau sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale.

Près de 50 millions d’enfants ont été déplacés pour fuir les conflits ou simplement la mort. Si le matériel de guerre a bien changé, avec notamment l’arrivée de drones kamikazes, c’est toujours le même sang qui coule, celui qui souille les mains des tyrans orchestrant cette furie depuis leurs bunkers.

Mais les appels à la paix ont désormais moins de portée que les appels au secours des exilés fiscaux profitant du soleil des émirats et sultanats.

La CGT condamne avec la plus grande fermeté l’attaque menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, tout comme elle condamne les représailles de l’Iran envers huit pays de la région hébergeant des bases américaines, alors même que des négociations étaient en cours sur le dossier nucléaire.

Cette opération militaire, décidée en dehors de tout cadre légal et démocratique, sans mandat des Nations Unies, illustre la poursuite d’une politique étrangère fondée sur la force et l’impunité.

Personne n’est dupe sur la motivation financière de Donald Trump dans cette attaque, notamment liée à des enjeux de spéculation énergétique.

En consacrant le droit du plus fort, cette logique fait peser une grave menace de guerre généralisée au Moyen-Orient et sur la paix mondiale. La CGT exhorte la diplomatie européenne à reprendre un rôle actif face à ces logiques de puissance.

Les frappes aériennes et les invasions étrangères ne conduisent jamais à des changements positifs. Elles engendrent le chaos pour les populations civiles et provoquent des violations massives du droit international.

Les répercussions n’épargnent personne. L’attaque contre l’Iran a entraîné une forte spéculation, faisant grimper les prix du gaz et du pétrole.

En France, malgré des réserves importantes, les prix à la pompe explosent. Avec un coût de production autour de 0,60 € HT par litre et des prix atteignant 2,10 € pour le gasoil, l’écart alimente principalement les profits des grands groupes pétroliers.

Avec près de 200 milliards de dollars de profits en 2025, ces groupes se portent très bien.

Chaque jour, des millions de travailleurs doivent utiliser leur voiture pour se rendre au travail. La hausse des prix et la stagnation des salaires rendent cette situation de plus en plus difficile. Cette crise risque d’aggraver fortement le niveau de vie des salariés.

Face à la hausse des dépenses contraintes, une urgence s’impose : augmenter tous les salaires, en commençant par le SMIC à 2000 € brut mensuels, afin de vivre dignement de son travail.

Sortir l’énergie de la spéculation est une urgence. Encadrer ses prix est une nécessité.

Les grands groupes énergétiques accumulent des profits considérables en tirant parti des conflits. Si Total, ExxonMobil et Eni sont en tête, dans le secteur gazier, la stratégie du groupe Engie s’inscrit dans la même logique.

Si la France n’est pas un pays occupé, à GRDF, la semaine dernière a ressemblé à un « D-Day » : le Dividendes Day.

Comme les prix à la pompe, le dividende versé par GRDF au groupe Engie a fortement augmenté, atteignant environ 700 millions d’euros selon les estimations, soit une hausse de 45 %.

Qu’il est loin le temps où le secteur de l’énergie était orienté vers l’intérêt général et la reconstruction du pays.

Issu du programme du Conseil National de la Résistance, le mouvement de nationalisation débute dès décembre 1944 avec les Houillères du Nord et du Pas-de-Calais, puis les Charbonnages de France.

Le 8 avril 1946, sous l’impulsion de Félix Gouin et du ministre Marcel Paul, la nationalisation de l’électricité et du gaz est actée.

Il y a 80 ans naissaient EDF et Gaz de France, avec pour mission de reconstruire un pays dévasté et de garantir une énergie fiable et accessible.

Des générations d’agents ont construit des infrastructures modernes et sécurisées, dans un contexte souvent difficile.

Aujourd’hui, la libéralisation du secteur a introduit une logique spéculative où les entreprises fonctionnent comme des acteurs financiers.

Marcel Paul, figure historique de cette construction, doit se retourner dans sa tombe au Père-Lachaise. Sur le monument de la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes, une citation de Paul Éluard rappelle :

« Du plus profond de leur enfer, ils n’ont jamais cessé de lutter pour leur vie et pour leur dignité, et ils rêvaient d’un monde de justice et de fraternité. »

Une autre citation de Marcel Paul résonne particulièrement :

« La lutte était souvent dure, cruelle même. L’on a connu des moments tragiques, mais ce combat pour un monde nouveau de paix, de progrès social, était exaltant.
Les succès remportés ont payé bien au-delà des sacrifices consentis.
Ce sont ceux qui luttent malgré les coups qui ont le sort le plus digne d’être connu.
Je considère comme un honneur pour un militant d’être l’objet d’une haine inextinguible de l’ennemi. »

Merci de votre attention.

Expression sur le Service Social à GRDF

Séance du 19 mars 2026

Nous souhaitons tout d’abord remercier les Assistantes Sociales pour leur travail au niveau national et en local et pour la présentation de ce rapport concernant leur domaine d’activité.

Les élus CGT souhaite réagir au rapport d’activité 2025 du Service social de GRDF.

Ce document met en lumière une réalité sociale qui doit nous alerter collectivement sur la dégradation du climat de travail et le mal-être croissant au sein de l’entreprise.

Le service social bénéficie d’un excellent accueil, tant des salariés que des managers, et demeure indispensable. Pourtant, il est confronté à une explosion des sollicitations, conséquence directe des réorganisations incessantes menées par la Direction.

En 2025, 1.425 salariés ont été accompagnés, soit 12,3 % des effectifs. Cette hausse représente le double des accompagnements réalisés en 2023.

Elle est constante donc révélatrice d’un besoin massif d’écoute, de soutien et de suivi face à des situations personnelles, familiales, budgétaires et professionnelles de plus en plus fragilisées.

Les signaux sociaux relevés dans ce rapport sont extrêmement préoccupants et montrent toutes les dimensions liées à la santé au travail.

On constate une hausse massive des situations de souffrance au travail.

La santé mentale apparaît comme la première thématique en forte progression. La catégorie « Santé et Travail » atteint 24 % des accompagnements, ce qui en fait la part la plus importante.

Les arrêts de travail pour anxiété et dépression sont désormais le premier motif d’arrêt dans les IEG.

On observe également une hausse notable des sollicitations des dispositifs d’écoute, avec 103 appels au numéro vert en 2025 (prévention tertiaire), contre 80 l’année précédente. Ces chiffres montrent clairement que la santé mentale représente aujourd’hui un enjeu majeur pour les salariés.

Les transformations successives de l’entreprise fragilisent par ailleurs profondément les collectifs de travail. Les projets tels que « Acheminement », « Vente Accueil » ou « Energy Formation » génèrent du stress, des questionnements permanents, des impacts familiaux et budgétaires, ainsi qu’une augmentation des signaux faibles dans les équipes concernées. Les salariés s’interrogent sur leur avenir et la capacité à concilier vie personnelle et vie professionnelle devient de plus en plus difficile.

Le rapport met également en évidence une explosion des difficultés budgétaires des agents. Les demandes d’aide financière ont augmenté de 19 %, et les situations de surendettement ou de déséquilibre budgétaire se multiplient. Les causes sont connues : inflation, monoparentalité, frais imprévus, pertes de revenus liées aux arrêts de travail. Ces difficultés entraînent des répercussions directes sur le travail, entraînant fatigue, déconcentration et absentéisme.

À cela s’ajoute une situation particulièrement préoccupante en matière de logement.

En 2025, 583 demandes de logements sociaux ont été formulées, mais seules 67 familles ont été relogées, dont 39 en logement social, soit à peine 6 % des demandes. Dans un contexte où les astreintes, les mobilités contraintes et les transformations organisées par la Direction sont de plus en plus nombreuses, le logement devient un frein majeur. Pourtant, la Direction ne cesse de réduire les dispositifs d’aide à la mobilité, comme la fin d’AIL, la disparition du prêt bonifié ou la diminution des primes de mobilité.

Le rapport met également en avant les grandes difficultés rencontrées par les salariés aidants, confrontés à des délais administratifs pouvant aller de 6 mois à 1 an pour obtenir leurs droits. Cet épuisement administratif fragilise directement leur équilibre personnel et professionnel.

Face à l’augmentation constante du nombre de sollicitations et à la complexité croissante des situations, les moyens actuels du Service Social sont très insuffisants pour y faire face.

Nous déplorons également que les secteurs géographiques alloués aux Assistantes Sociales soient de plus en plus étendus. De ce fait, elles ne peuvent assurer des permanences sur tous les sites alors qu’il est avéré que la proximité avec les agents leur permet de prendre plus facilement contact en cas de difficultés.

Pour la CGT, il est urgent que la Direction cesse de se réfugier derrière une vitrine lissée sur les réseaux sociaux internes.

Derrière cette communication optimiste, presque digne du monde merveilleux de Oui-Oui, la réalité est toute autre : celle d’une dégradation sociale profonde laissée s’installer à la suite de réorganisations incessantes et de pressions multiples.

Pour répondre réellement aux besoins des salariés et améliorer les conditions de travail, nous estimons indispensable de renforcer les moyens humains du service social, de mettre en place un plan national dédié à la santé mentale en lien avec les élus des CSE-E et CSE-C, de simplifier l’accès aux droits et d’améliorer la communication des informations actuellement trop souvent retenues par les services RH.

Il est également nécessaire de revoir la politique logement, notamment par la mise à disposition de logements et la pratique de loyers écrêtés, et d’associer systématiquement le Service Social en amont de chaque projet de transformation. A ce titre, la mise en place d’un fond social d’urgence serait très bénéfique à la résolution des situations subies par les agents.

Plutôt que d’afficher un accord « Ambition Sociale » tout en n’en conservant que le titre et en oubliant la philosophie qui devrait l’animer, il est temps d’agir concrètement.

Les salariés ont plus que jamais besoin d’un Service Social robuste, visible et suffisamment doté.

Les signaux présentés dans ce rapport doivent être entendus, et les perspectives et propositions d’actions pour 2026 doivent être engagées dès maintenant pour améliorer les conditions de vie et de travail au sein de GRDF.

Séance du 19 mars 2026

Le nouvel outil 3PO va considérablement changer la vie au travail de 5000 agents de GRDF.

Il va remplacer les outils actuels GDII, TDD, CRYSTAL, OPTIC et O2, devenus obsolètes ou défaillants au regard d’un pilotage efficace des activités cœur de métier.

A la fin de la mise en œuvre totale de ce nouvel environnement logiciel, les agents occupant les emplois des équipes BEX, AMSG, AI, APPI, vont connaître une toute nouvelle façon de travailler.

Comme par exemple pour les Techniciens Gaz ne plus avoir de BI ou BT papier, aujourd’hui encore collectés à la main, remplacés par des outils 100% en mobilité, qui vont enfin permettre de s’affranchir de doubles ou triples saisies de données.

L’outil vise à optimiser l’organisation des journées de travail, tant sur le plan temporel que géographique, en limitant notamment les déplacements inutiles, là où les outils actuels, arrivés en fin de cycle, ne le permettaient plus.

Ce nouvel environnement va cependant embarquer un contrôle en temps réel de l’activité des agents et ainsi permettre une évaluation au quotidien des salariés.

La planification, l’organisation du travail, l’évaluation, qui sont des prérogatives des emplois des lignes managériales vont également fortement évoluer. C’est l’outil qui aura la faculté de faire ou cibler ces tâches de façon binaire, sans le bon sens, ni le discernement qu’un humain peut apporter. Cela peut être une source de RPS à prendre en considération.

Pour s’assurer de la bonne utilisation de 3PO, GRDF entend programmer un plan de formation d’ampleur pour près de 5000 agents. Ce projet implique également la formation non seulement des salariés GRDF mais aussi d’environ 4000 prestataires, ce qui constitue un enjeu majeur en termes d’homogénéité des pratiques et de qualité opérationnelle.

Toutefois, si ce plan est évoqué dans la présentation, il reste à ce stade insuffisamment détaillé : ni les parcours complets par métier, ni les volumes horaires cumulés par salarié, ni les modalités précises (présentiel/distanciel, organisation opérationnelle) ne sont explicitées. Il est simplement indiqué qu’un nombre limité de formateurs relais sera formé pour assurer le déploiement en région, ce qui interroge sur la capacité à garantir une formation homogène et de qualité sur l’ensemble du territoire.

Les élus FNME-CGT au CSE-C de GRDF ne sont pas contre l’amélioration et l’innovation en matière d’outils d’entreprise, d’autant plus lorsque cela est devenu impérieux par rapport à la vétusté du système actuel. En cela, nous pourrions établir que le projet va améliorer les conditions de travail des agents.

Cependant cette évolution ne doit pas se faire au détriment de l’emploi, ni être un outil de performance économique permettant une fois de plus de faire des gains de productivité au seul profit de l’actionnariat. Gagner en efficacité doit avant tout s’apprécier en agrément de travail. Pas en millions d’euros.

Si nous reconnaissons que l’outil 3PO est une vraie révolution pour près de 50% des effectifs de l’entreprise, à date, il nous manque des éléments concrets et précis sur l’impact organisationnel final de l’utilisation de 3PO, tout comme ses conséquences sur les conditions de travail des Agents.

Au vu de ces différents éléments ainsi qu’au vu des engagements de la Direction en séance, les élus FNME-CGT au CSE-C de GRDF vont donner un avis favorable sur l’outil en lui-même en émettant les réserves suivantes :

  • Nous demandons un cadencement contrôlé par les instances IRP de la mise en œuvre de 3PO tout au long du planning présenté ce jour en séance si dans les bilatérales dénommées “Bilatérale OS pré-déploiement”, on se rend compte que l’outil est trop impactant.
    En effet, dans la présentation ainsi que dans les débats en séance d’aujourd’hui, l’employeur explique que la mise en œuvre de l’outil se fera par tiroirs, à 5 reprises :
    o Lot 1 – Programmation des affectations (GD2I) prévu T2 2026
    o Lot 2 – Traitement des demande prévu T4 2026
    o Lot 3 – Planification (CRYSTAL) prévu T1 2027
    o Lot 4 – Programmation des Interventions Clientèles (OPTIC) prévu T2 2027
    o Lot 5 – Programmation des Interventions Réseau et Suivi Exploitation (O²), Conception / Dev / Tests TISI Technique Mé prévu T1 2028
  • Il sera nécessaire avant chaque LOT de procéder à la présentation et démonstration de la phase afin de s’assurer de sa solidité/fiabilité et de mesurer son impact sur l’organisation du travail, les conditions de travail et les risques RPS associés.
  • Nous demandons également ce que le plan de formation projeté au déploiement de 3PO fasse l’objet d’une information spécifique à la Commission Emploi/Formation nationale avec le descriptif de chacune des formations, leurs modalités, temporalités et contenus.