Les comptes rendus

Cse-C n°61 du 18 décembre 2025

18/12/2025

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Introduction

Face aux propositions très insuffisantes de la Direction sur les mesures salariales 2026, l’ensemble des Organisations Syndicales Représentatives ont décidé de ne plus siéger en IRP et de rompre le dialogue social.Lors de la séance du CSE-C du 18 décembre, les élus ont lu une déclaration commune et ont quitté la séance.
S’agissant des sujets inscrits à l’ordre du jour, si nous avions siégé, l’avis des élus CGT sur la politique sociale de GRDF pour l’année 2024 aurait été négatif. Retrouvez ci-après notre analyse sur le sujet.

Lire notre déclaration commune

1 Politique sociale de GRDF, pour avis

La politique sociale de l’entreprise est structurée autour de plusieurs thématiques dont notamment la rémunération, l’emploi et les qualifications, l’égalité professionnelle, la santé, la sécurité, les conditions de travail et le handicap.
La délégation CGT considère que certains points ne sont pas suffisamment documentés. Cela soulève la question de la transparence des données transmises. C’est le cas par exemple des différences d’évolution des effectifs entre les régions.

Certaines réponses de la Direction concernant, entre autres, le recrutement des alternants et les rôles qui leurs sont confiés ont également suscité des interrogations.
Concernant la Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels (GEPP), nous demandons qu’elle soit en cohérence avec une politique de transition énergétique dans laquelle GRDF doit avoir toute sa place.
En termes de formation, la délégation CGT constate qu’une place importante est réservée aux formations dites “obligatoires” au détriment des cursus de formation nécessaires à la progression dans l’emploi et, plus globalement, aux projets de carrière.

La délégation CGT a par ailleurs relevé des disparités en matière d’accès à la formation qui, à métiers équivalents, varient selon les managers et les régions. Les résultats de l’enquête « C’est à vous » attestent le ressenti des agents.
En amont de cette séance, la délégation CGT a attiré l’attention de la Direction sur la question des licenciements pour inaptitude professionnelle en rappelant qu’il s’agit de situations dont l’impact humain est très important. Les salariés concernés et leurs familles ne devraient pas être pénalisés par un événement de vie, qu’il soit ou non lié à l’activité professionnelle.
Sur le volet handicap la Délégation CGT relève encore des écarts en termes d’évolution de carrière ainsi que des problématiques de recrutement d’agents en situation de handicap. Pour atteindre l’objectif de 6 % de salariés en situation de handicap dans ses effectifs, la Direction mise probablement sur le vieillissement de la population de GRDF. Cela pourrait en effet générer un accroissement des demandes de Reconnaissance de la Qualité de Travailleurs Handicapés. Mais cela fausserait aussi les chiffres puisque, rappelons-le, les personnes de plus de 50 ans en situation de handicap comptent pour un 1,5 agent dans les statistiques.
Concernant l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, nous déplorons que le taux de féminisation des effectifs dans l’entreprise soit en baisse constante.
Enfin, sur le volet de la santé, le taux d’absentéisme mais aussi les accidents du travail et les reconnaissances de maladies professionnelles sont en constante évolution.
Pour toutes ses raisons, la Délégation CGT aurait émis un avis négatif sur ce dossier Politique Sociale de GRDF.

Prochain CSE Central : Jeudi 22 janvier 2026

Les élus et mandatés de la FNME-CGT vous souhaitent de passer de belles fêtes de fin d’année. Profitez-en pour vous reposer et recharger vos batteries. Les batailles de 2025 vont se poursuivre en 2026.
Le premier cadeau que vous pouvez offrir à vos familles et vos amis serait de signer la pétition en ligne pour exiger la baisse de la TVA sur les factures énergétiques.

Monsieur le Président,

Les Organisations Syndicales Représentatives de GRDF tiennent à exprimer leur profond désaccord avec les propositions de la Direction de GRDF dans le cadre de la négociation des mesures salariales 2026.

Ce désaccord repose avant tout sur un manque de considération manifeste à l’égard des salariés, celles et ceux qui, par leur engagement quotidien, leur professionnalisme et leur sens des responsabilités, œuvrent chaque jour pour faire de GRDF ce qu’elle est aujourd’hui, à savoir :

  • La 1ʳᵉ entreprise de distribution de gaz en Europe, avec plus de 10 000 salariés ;

  • Un chiffre d’affaires de plus de 3,5 milliards d’euros ;

  • Des dividendes de plusieurs centaines de millions d’euros, et jusqu’à 1 milliard d’euros prévisionnel en 2028.

La richesse créée au sein de GRDF est le fruit direct du travail des salariés. Ce sont eux qui permettent à l’entreprise d’afficher de bons résultats économiques, de dégager des bénéfices importants et d’assurer une rémunération significative de son seul actionnaire. Pourtant, alors que la valeur produite bénéficie prioritairement au capital, la part consacrée à la reconnaissance et aux salaires demeure insuffisante.

Le pourcentage d’augmentation annoncé par la Direction ne répond ni aux efforts consentis par les salariés, ni aux enjeux de pouvoir d’achat, ni à une reconnaissance salariale à la hauteur des résultats de l’entreprise.

Depuis plusieurs années, les salariés de GRDF ont subi des réorganisations importantes, accompagné les transformations de l’entreprise, contribué à des gains de productivité et assumé des exigences toujours plus fortes, sans que ces efforts ne se traduisent par une reconnaissance salariale équitable et durable.

La proposition actuelle envoie un signal profondément négatif et injuste : celui d’une entreprise capable de créer de la richesse, mais qui fait le choix de limiter la reconnaissance salariale de celles et ceux qui la produisent, au profit d’une logique privilégiant la rémunération de son actionnaire.

Les quatre Organisations Syndicales Représentatives tiennent à rappeler une fois encore que les mesures salariales ne peuvent se réduire à un arbitrage comptable. Elles doivent traduire un partage plus juste de la valeur, une reconnaissance réelle du travail et permettre une progression salariale digne, garante de l’attractivité, de la motivation et de l’engagement des salariés.

En l’état, les propositions de la Direction ne sont pas à la hauteur :

  • Des résultats économiques de GRDF (car, encore une fois, GRDF a une excellente santé financière, à la différence de ce que vous essayez de démontrer à tort) ;

  • De l’investissement quotidien des salariés.

Les organisations syndicales CFDT, CGT, FO et l’Alliance CFE-UNSA Énergies ne peuvent accepter que les salariés deviennent durablement la variable d’ajustement d’une politique qui privilégie la rémunération du capital au détriment de la reconnaissance du travail.

Elles demandent à la Direction de respecter ses salariés, en revoyant significativement ses propositions afin de construire des mesures salariales justes, équilibrées et respectueuses de l’engagement des salariés de GRDF.

C’est pourquoi, en l’état actuel de vos propositions et dans l’attente d’une revoyure positive de celles-ci (car vous en avez les moyens), les élus du CSE-C quittent la séance de ce jour.