Les comptes rendus

Compte-Rendu CGT de la Délégation Spéciale des CSEC d’ENEDIS et de GRDF 03 juin 2026

03/06/2026

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Introduction

En introduction de séance, la délégation FNME-CGT a fait lecture d’une déclaration liminaire.

Lire notre première déclaration liminaire

Lire notre deuxième déclaration liminaire

Point 1 : Intervention de Marie-Claude TISSIER, Directrice de l’Unité Médico-Social, suite à l’expertise sur le SPST

La CGT a fait lecture d’une déclaration sur ce point.

Une nouvelle fois, la Direction a cherché à minimiser les difficultés exprimées par les agents dans le cadre du questionnaire réalisé pour l’expertise du cabinet PROGEXA (juillet 2025), en s’appuyant sur les résultats plus récents de My EDF (novembre 2025), qu’elle juge satisfaisants. Hormis le déploiement de SIMED, dont elle reconnaît la complexité, la Direction estime que les difficultés ne seraient plus d’actualité.

Pour la CGT, les témoignages des médecins délégués présents lors de la Délégation Spéciale des CSEC d’ENEDIS et de GRDF du 29 avril dernier contredisent clairement cette vision. Ils confirment au contraire que les problèmes persistent. La CGT dénonce l’enfermement idéologique de la Direction qui refuse de voir la réalité du terrain.

La Direction a également évoqué les difficultés de recrutement d’un médecin du travail sur Poitiers/Angoulême depuis 2022 qui la conduirait aujourd’hui à envisager une contractualisation avec un SPST interentreprises.

La CGT conteste ces affirmations : des candidatures ont existé sans que le CSE de l’UMS n’ait jamais été consulté pour se prononcer sur une éventuelle embauche.

Ce manque de transparence est inacceptable ! La CGT exige que toute la lumière soit faite sur la procédure de recrutement des médecins du travail et sur les modalités d’entraide entre professionnels de la santé au travail.

La CGT a demandé un droit de suite et mettra tout en œuvre pour faire aboutir les revendications légitimes des professionnels de la santé au travail, tant pour l’amélioration de leurs conditions d’exercice que sur les moyens alloués pour le renforcement de la prévention primaire auprès des agents suivis.

 

Point 2 : Compte rendu de l’expertise sur les conséquences de la déréglementation du secteur de l’énergie

La CGT a fait lecture d’une déclaration sur ce point

Contexte

Les élus des CSEC d’ENEDIS et de GRDF, réunis en Délégation Spéciale le 24 avril 2025, ont mandaté le cabinet 3E Consultants pour mener une expertise indépendante sur les conséquences de plus de vingt années de déréglementation du secteur de l’énergie et sur ses impacts pour le service commun des distributeurs d’électricité et de gaz.

Principaux constats de l’expertise

  1. Un modèle historique profondément transformé

L’expertise met en lumière la rupture progressive avec le modèle énergétique français d’après-guerre, fondé sur un service public intégré garantissant :

  • Une couverture homogène du territoire,
  • La sécurité d’approvisionnement,
  • Un accès à l’énergie à des coûts parmi les plus bas au monde.

Les réformes successives ont conduit à la séparation des activités, à la création des filiales ENEDIS et GRDF et à l’ouverture à la concurrence. Pour vos représentants CGT, ces choix politiques et managériaux ont privilégié la rentabilité financière au détriment des missions de service public.

  1. Dégradation du maillage territorial

L’expertise constate une réduction massive de la présence territoriale :

  • Électricité : d’environ 1 500 sites de proximité en 2007 à environ 650 en 2026.
  • Gaz : de 730 sites à environ 400 sur la même période.

Cette contraction du réseau de proximité entraîne :

  • Un éloignement du service public,
  • Des délais d’intervention plus longs,
  • Une réactivité affaiblie pour les usagers.
  1. Conséquences financières

Depuis 2008, plus de 17,5 milliards d’euros auraient été versés aux maisons mères sous forme de dividendes et distributions :

  • ENEDIS : plus de 8,2 milliards d’euros,
  • GRDF : plus de 9,3 milliards d’euros.

Pour la CGT, ces sommes auraient pu être réinvesties dans les infrastructures, l’emploi et l’amélioration du service public.

  1. Impact sur les usagers

L’expertise relève plusieurs effets directs pour les consommateurs :

  • Allongement des délais d’intervention,
  • Hausse du coût de certaines prestations (notamment les mises en service),
  • Multiplication d’options « express » ou « urgence » facturées,
  • Inégalités de traitement selon les équipements ou situations,
  • Augmentation des coûts de distribution sans amélioration du service,
  • Reports fréquents des interventions de dépannage.

La CGT dénonce également un marché devenu illisible pour les usagers, du fait de la prolifération des fournisseurs et des offres.

  1. Impact sur les salariés

Le rapport met en évidence une dégradation des conditions de travail :

  • Suppressions d’emplois,
  • Recours accru à la sous‑traitance,
  • Perte de compétences de proximité,
  • Intensification du travail et instabilité organisationnelle,
  • Affaiblissement des collectifs et perte de sens.

Pour la CGT, ces évolutions fragilisent durablement la qualité du service public et les capacités opérationnelles des entreprises.

  1. Enjeux de la transition énergétique

L’expertise rappelle que les réseaux de distribution seront centraux dans la transition énergétique. Les élus CGT alertent toutefois sur le risque d’une transition pilotée par des logiques de marché, incompatibles avec les investissements de long terme nécessaires.

Ils réaffirment que les infrastructures énergétiques sont des biens stratégiques qui nécessitent une vision publique, coordonnée et durable.

Revendications et propositions de la CGT

Pour les usagers

·        Garantir les trois principes fondamentaux du service public : continuité, égalité, adaptabilité

·        Renforcer le maillage territorial et la proximité.

·        Assurer des tarifs fondés sur les coûts réels

·        Lutter contre la précarité énergétique et garantir le droit d’accès à l’énergie

Pour les salariés

·        Mettre fin aux suppressions d’emplois statutaires

·        Lancer un plan massif de recrutements

·        Améliorer les conditions de travail et de sécurité

·        Valoriser les qualifications et le savoir‑faire

·        Maintenir et renforcer les garanties collectives

 

Pour le secteur énergétique

·       Renforcer le pilotage public et démocratique

·       Réappropriation publique du secteur de l’énergie

·       Orienter la régulation vers l’intérêt général

·       Ré‑internaliser les activités essentielles au fonctionnement du service public

·       Réinvestir les excédents dans le service public.

Conclusion

Pour les élus CGT des CSEC d’ENEDIS et de GRDF, l’expertise du cabinet 3E Consultants confirme leur analyse : la déréglementation a affaibli le service public de l’énergie, dégradé les conditions de travail et augmenté les coûts pour les usagers.

Ils réaffirment que l’énergie est un bien commun essentiel qui doit être soustrait aux logiques de marché. Ils appellent à un débat national sur l’avenir du service public de l’énergie afin de reconstruire un modèle répondant aux besoins sociaux, territoriaux et environnementaux.

Les élus CGT ont proposé une résolution visant à utiliser cette expertise dans les campagnes menées au titre du Conseil National de l’Énergie (CNE)

Résultats du vote (20 votants) :
POUR : 19 CGT + 1
N’ont pas participé : CFE‑CGC + FO
La résolution est adoptée.

Retrouvez notre résolution en cliquant ici

Contacts :

Audrey DURAND | RS CGT au CSEC GRDF | 06.15.65.91.84 | audrey.durand@grdf.fr

Alain DELAUNAY | RS CGT au CSEC ENEDIS | 06.13.68.41.14 | adelaunay@fnme-cgt.fr

Déclaration liminaire CGT à la délégation Spéciale des CSEC ENEDIS GRDF du 3 juin 2026

Déclaration liminaire CGT à la délégation Spéciale des CSEC ENEDIS GRDF du 3 juin 2026

Nous ne commencerons pas cette séance comme si de rien n’était.

Parce qu’aujourd’hui, dans les Industries Électriques et Gazières, ce qui est attaqué, ce ne sont pas seulement quelques lignes d’un accord salarial ou quelques missions administratives d’une caisse de retraite.

Ce qui est attaqué, c’est un modèle social.

Ce qui est attaqué, c’est le Statut.

Ce qui est attaqué, c’est la reconnaissance du travail des agents et de leur pénibilité.

Ce qui est attaqué, c’est l’héritage social construit depuis 1946 au service de l’intérêt général.

Trop, c’est trop… Sur la grille salariale, les employeurs tentent de nous vendre une modernisation. Mais derrière cela, il y a la réalité : une attaque en règle contre la grille de branche, contre les avancements, contre les garanties collectives. On nous parle d’attractivité, de fidélisation, de reconnaissance, de lisibilité, mais quand on regarde le contenu réel de l’accord, on voit autre chose : une transformation profonde du système de rémunération au bénéfice des employeurs. Quelques pourcentages par ci, quelques euros par-là, une prime d’astreinte légèrement revalorisée pour tenter de faire passer la pilule, alors que l’essentiel est ailleurs : suppression des repères NR, recul de la valeur des avancements, individualisation des parcours, éclatement de la grille commune, affaiblissement du contrôle collectif, autrement dit, plus d’arbitraire ! moins de droits garantis, plus de pouvoir donné aux directions locales, est qui fait que la carrière dépende uniquement du bon vouloir hiérarchique.

Ce projet n’est pas une réforme salariale, ni une modernisation. C’est une machine à casser la grille qui protège les agents et qui casse ce qui permet à chacune et chacun de se situer, de se comparer, et de comprendre son déroulement de carrière. Aujourd’hui, les agents connaissent les NR, Ils savent ce qu’ils représentent, et ce que vaut un avancement et savent où ils se situent dans la grille. Demain, les employeurs veulent substituer ces repères collectifs à des coefficients hiérarchiques beaucoup plus difficiles à lire, beaucoup plus difficiles à contrôler, beaucoup plus faciles à piloter pour eux. La grille actuelle repose sur des repères communs, alors que le projet patronal organise leur dilution.

Une grille éclatée en milliers de positions, ce n’est pas un progrès, c’est une perte de repères collectifs, c’est une manière de rendre les comparaisons plus difficiles et d’isoler les agents les uns des autres. Les pas de 0,1 % sont présentés comme une souplesse, mais nous ne sommes pas dupes ces micro-pas sont un outil d’individualisation massive et permettent de fragmenter les déroulements de carrière, de saucissonner les augmentations, et de donner des marges de manœuvre supplémentaires en affaiblissant la portée réelle des garanties collectives. Hier, un avancement avait une valeur collective lisible. Demain, chacun pourra recevoir une petite fraction, selon des critères managériaux toujours plus opaques. Les employeurs prétendent garantir une augmentation individuelle minimum de 2 %. Mais dans notre grille, le repère moyen d’un NR était d’environ 2,3 %. Il faut donc appeler les choses par leur nom : sous couvert de modernisation, on organise une baisse de la valeur de l’avancement. Voilà la réalité politique de cet accord.

Les agents doivent comprendre que ce n’est pas seulement une nouvelle présentation de la grille, ni une affaire de coefficient. C’est une modification du rapport salarial et du rapport de force, par une reprise en main patronale des déroulements de carrière.


La revalorisation générale annoncée ne change rien à cette logique, une revalorisation de 1,8 % étalée sur trois ans, soit 0,6 % en 2027, 0,6 % en 2028 et 0,6 % en 2029, dans un contexte de perte de pouvoir d’achat, ce n’est pas une reconnaissance salariale. C’est une aumône étalée dans le temps. Les agents ne vivent pas avec des promesses à trois ans, ils paient leurs factures aujourd’hui, ils subissent l’inflation aujourd’hui, et ils voient leur pouvoir d’achat reculer aujourd’hui.

Et surtout, cette mesure ne garantit en rien la couverture de l’inflation et c’est bien là le cœur du problème. La CGT porte une revendication claire : le SNB doit couvrir l’évolution des prix. Le salaire doit permettre de vivre dignement de son travail, et les richesses produite par les agents doit revenir aux agents. Les salariés des IEG ne demandent pas la charité, Ils demandent leur dû et la reconnaissance de leur travail.

Ils demandent le respect de leur statut, une vraie revalorisation salariale, immédiate, pérenne et collective.

Bien sûr, les employeurs mettent en avant quelques mesures positives pour tenter de rendre l’accord acceptable : deux échelons supplémentaires en fin de carrière, une revalorisation de l’astreinte, un minimum de grille à SMIC + 2 %, et quelques ajustements à l’embauche. Mais ces éléments ne doivent pas masquer l’essentiel, ils servent de paravent à une transformation beaucoup plus profonde : la destruction progressive de la grille statutaire comme outil collectif de reconnaissance.

A ce titre, la CGT ne refuse pas les évolutions par principe. La CGT n’est pas contre l’amélioration de la grille ni contre une meilleure reconnaissance de l’ancienneté, de l’expérience et des qualifications, mais la CGT refuse que de petites avancées servent à faire accepter de grands reculs. Nous refusons qu’une revalorisation marginale serve à masquer l’individualisation des carrières, par quelques mesures ciblées servant à justifier l’éclatement de la grille.

Cette appréciation politique doit être entendue car cet accord ne se limite pas à modifier une grille, c’est un retour sur le vieux projet patronal : moins de statut, plus de management, moins de droits collectifs, plus d’arbitraire ; moins de garanties de branche, plus de décisions entreprise par entreprise. C’est une attaque structurante contre un pilier du Statut, et c’est précisément pour cela que nous faisons le lien avec la CNIEG, parce qu’il y a une cohérence dans ce qui se passe aujourd’hui dans les IEG, une cohérence politique, patronale et gouvernementale.

Avec la grille salariale, on s’attaque à la reconnaissance du travail pendant la carrière.

Avec la CNIEG, on s’attaque à la reconnaissance des droits après la carrière.

Avec la grille, on fragilise le salaire statutaire.

Avec la CNIEG, on fragilise l’outil de branche qui porte les droits à la retraite.

Dans les deux cas, on affaiblit ce qui est collectif national, statutaire et protecteur et ce sont les deux faces d’une même médaille. D’un côté, les employeurs veulent reprendre la main sur les déroulements de carrière, individualiser les augmentations, rendre la grille moins lisible et affaiblir le contrôle collectif.

De l’autre, l’État envisage de réduire les missions de la CNIEG, sous couvert de rationalisation, de dette technique ou de mutualisation, alors même que cette caisse est un opérateur de branche central dans l’équilibre social des IEG.

La méthode est la même :

On commence par dire que rien n’est décidé, on parle de modernisation, on parle de simplification, on parle d’adaptation, on parle de contraintes techniques, puis peu à peu, on déplace les lignes, on réduit les garanties, on contourne les outils de branche et on transforme des droits collectifs en dispositifs pilotés ailleurs. Malheureusement, nous connaissons déjà cette mécanique, elle a déjà servi à justifier l’ouverture à la concurrence, et à justifier les réorganisations. Elle a déjà servi à justifier les suppressions d’emplois, et elle sert aujourd’hui à attaquer la grille salariale et la CNIEG.

La CGT le dit clairement : il ne s’agit pas de deux dossiers séparés, mais d’un même mouvement de démantèlement du contrat social des IEG. Notre réponse sera globale, comme le sont les enjeux. La CNIEG pilier de notre régime, n’est pas une variable d’ajustement, la grille salariale n’est pas une antiquité à démonter, le Statut national n’est pas un coût à réduire, car ce sont des conquêtes sociales, liées à des missions essentielles pour la Nation. La CNIEG incarne les spécificités du contrat social des IEG, elle est liée au Statut, à l’histoire de la branche et aux droits des actifs comme des retraités, vouloir transférer la gestion des retraites vers la CNAV, c’est ouvrir une brèche dangereuse dans l’édifice social des IEG.

Nous nous devons de rappeler que sans les agents des IEG, pas de continuité du service public, pas de transition énergétique, pas de réseaux capables d’intégrer les énergies renouvelables, pas de souveraineté industrielle, pas de sécurité d’alimentation du pays. On ne peut pas applaudir les agents quand il y a des tempêtes, des crises, des pics de consommation, des plans industriels à tenir, et ensuite leur expliquer qu’il faudrait accepter la casse de leurs droits au nom de la modernité. Cette hypocrisie doit cesser !

Les agents des IEG ne sont pas des variables d’ajustement, ils assurent la continuité du service public, garantissent l’alimentation électrique et gazière du pays, accompagnent la transition énergétique, entretiennent les réseaux, sécurisent les installations, répondent aux usagers, tiennent les objectifs industriels.

Le 22 juin 1946 le décret n°46-1541 approuve le statut national du personnel des industries électriques et gazières, et nous fêtons ses 80 ans cette année. « Le symbole est lourd »

Alors que notre branche devrait être renforcée, on voudrait l’affaiblir ! Alors que les agents devraient être reconnus, on leur propose une régression ! Alors que la CNIEG devrait voir ses missions confortées, certains envisagent de les transférer…Nous le disons solennellement, toucher à la grille salariale et à la CNIEG c’est toucher aux garanties collectives. Ce n’est pas seulement modifier des dispositifs techniques. C’est toucher à l’équilibre social de toute une branche, et en fragiliser le Statut. C’est affaiblir le service public de l’énergie et remettre en cause un compromis social construit depuis 1946 sur une idée simple : que des missions de service public essentielles pour la Nation, doivent s’appuyer sur des agents reconnus, protégés et respectés.

Dans une période où le pays a besoin de souveraineté énergétique, de réseaux renforcés, d’investissements publics, de compétences industrielles, de continuité de service et d’engagement des agents, ces attaques sont irresponsables. On ne construit pas l’avenir énergétique du pays en cassant les garanties de celles et ceux qui le font vivre. On ne prépare pas la transition énergétique en affaiblissant les salariés qui l’assurent au quotidien. On ne renforce pas le service public en démantelant les outils collectifs qui ont permis sa solidité. Face à une Direction qui se doit de mesurer la gravité de la période, la CGT exige donc l’abandon de ces logiques régressives.

Nous exigeons une vraie revalorisation salariale, immédiate, pérenne et collective. Nous exigeons une augmentation du SNB à la hauteur de l’inflation et des besoins des agents.

Nous exigeons le maintien d’une grille nationale de branche lisible, protectrice et opposable.

Nous exigeons le maintien de repères collectifs forts dans les déroulements de carrière.

Nous exigeons le refus de l’individualisation, de l’opacité managériale et de la casse des avancements.

Nous exigeons le maintien et le renforcement de la CNIEG comme opérateur de branche.

Nous exigeons le respect plein et entier du Statut national du personnel des IEG.

Les agents ne sont pas fatigués du Statut, ils sont fatigués qu’on l’attaque. Ils ne sont pas opposés à l’avenir, Ils s’opposent simplement à ce que l’avenir se construise contre eux. Ils ne défendent pas des privilèges, ils défendent des droits conquis, utiles au service public et indispensables à la reconnaissance de leur travail.

La CGT n’est pas là pour accompagner le recul social, ni pour commenter la casse, et surement pas pour donner une caution sociale à des décisions déjà écrites. Nous sommes là pour défendre les agents, organiser leur rapport de force et porter une autre ambition pour les IEG : celle d’un service public renforcé, d’un Statut respecté, d’une CNIEG confortée, et de salariés enfin reconnus à la hauteur de leur engagement.

La Direction doit entendre ce message : les agents ne resteront pas spectateurs du démantèlement de leurs droits.

S’il faut défendre la grille, nous défendrons la grille.

S’il faut défendre la CNIEG, nous défendrons la CNIEG.

S’il faut défendre le Statut, nous défendrons le Statut.

Parce qu’en réalité, c’est la même bataille : celle de la dignité des agents, de la justice sociale et de l’avenir du service public de l’énergie.

Ceux qui vivent sont ceux qui luttent.

Déclaration CGT à la délégation spéciale des CSEC d’ENEDIS et GRDF du 3 juin 2026 sur la journée du service public 2026

Déclaration CGT à la délégation spéciale des CSEC d’ENEDIS et GRDF du 3 juin 2026 sur la journée du service public 2026

Le 23 juin 2026, Journée de la fonction publique de l’ONU, les syndicats tirent la sonnette d’alarme sur une urgence des services publics.

À l’occasion de la Journée de la fonction publique de l’ONU, la FNME CGT rejoint les travailleurs de la fonction publique et les syndicats à travers l’Europe pour tirer la sonnette d’alarme face à une urgence croissante des services publics.

En France et à travers l’Europe, les services publics sont soumis à une forte pression. Des années de sous-investissement, de pénurie de personnel, d’augmentation de la charge de travail, de faibles salaires, d’externalisation et d’attaques politiques contre les services publics ont poussé de nombreux secteurs à bout. Les dépenses militaires sont privilégiées par rapport à l’aide sociale. Les travailleurs sont invités à faire plus avec moins, tandis que la qualité et l’accessibilité des services dont les gens dépendent sont compromises.

Pour La FNME CGT, cette urgence est claire. Nous devons sortir des logiques de marché sur le secteur de l’énergie et gagner la remise en place d’une Nationalisation nouvelle de l’ensemble du secteur dans un mixte énergétique. C’est bien pour cela que notre fédération porte son Programme Progressiste de l’énergie pour un vrai service public.

Cela ne se limite pas à un seul secteur. Dans les hôpitaux et les services de soins, les travailleurs font face à de graves pénuries et à un besoin croissant de soins avec le vieillissement de la population. Dans les municipalités et services locaux, on attend des travailleurs qu’ils maintiennent les services essentiels avec moins de personnel et des budgets plus serrés, tout en étant menacés par la privatisation. Dans les services d’urgence, les délais de réponse retardés peuvent coûter des vies. Dans les services publics, les administrations, les agences, le soutien à l’éducation, les services sociaux et dans les secteurs des industries électriques et gazières, le même schéma est visible : plus de pression, moins de ressources, et des décisions dictées par des coupes, de la déréglementation et de la commercialisation. C’est une urgence totale des services publics !

C’est pourquoi La FNME CGT appelle à se mobiliser pour défendre l’ensemble des services publics.

Lors de la Journée des services publics, le 23 juin, la FNME CGT rejoindra l’appel d’urgence des services publics de l’EPSU et se tient aux côtés de millions de travailleurs de la fonction publique à travers l’Europe pour réclamer une orientation politique différente. Nous avons besoin de salaires plus élevés, de plus de personnel et d’investissements publics urgents – pas d’austérité, pas de déréglementation, pas de privatisation !

Les services publics ne sont pas un coût à couper dans les frais. Ce sont eux qui maintiennent nos sociétés unies et tracent un chemin pour un avenir pour tous, pas seulement pour quelques-uns.

En cette Journée de la Fonction Publique, nous tirons la sonnette d’alarme : l’urgence est réelle, et les travailleurs doivent agir.

Déclaration CGT à la Délégation Spéciale des CSE Centraux Enedis et GRDF du mercredi 03 juin 2026 sur les dysfonctionnements du SPST

Déclaration CGT à la Délégation Spéciale des CSE Centraux Enedis et GRDF du mercredi 03 juin 2026 sur les dysfonctionnements du SPST

Monsieur le Président,
Madame la Directrice de l’UMS,

L’expertise du SPST présentée le 29 avril dernier, ne fait que confirmer ce que les personnels concernés dénoncent depuis de nombreux mois et ce que les représentants du personnel portent régulièrement dans les différentes instances : les services de santé au travail traversent une situation préoccupante qui ne peut plus être traitée comme une simple accumulation de difficultés passagères.

L’expertise met en évidence des dysfonctionnements organisationnels, un manque de moyens, des difficultés de fonctionnement persistantes, une dégradation des conditions de travail et une perte de sens qui affectent durablement les collectifs de travail.

Derrière ces constats, il y a surtout des femmes et des hommes engagés dans leurs missions, qui assurent chaque jour la prévention, le suivi médical, le conseil et l’accompagnement des salariés d’Enedis et de GRDF. Des professionnels qui ont choisi de consacrer leur activité à la protection de la santé et à la sécurité des autres, mais qui aujourd’hui se retrouvent eux-mêmes en souffrance.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que ces personnels alertent depuis longtemps. Ils ont exprimé leurs difficultés, formulé des propositions et fait remonter leurs inquiétudes. Ils sont désormais dans l’attente de réponses concrètes et de mesures à la hauteur des enjeux. Pourtant, les mois passent et les évolutions attendues tardent à se matérialiser.

Nous ne pouvons accepter que celles et ceux qui œuvrent quotidiennement à la prévention des risques professionnels, à la protection de la santé des salariés et à l’amélioration des conditions de travail soient laissés dans une telle situation.

Nous ne pouvons accepter que leur souffrance soit banalisée, relativisée ou noyée dans des débats de procédure, des considérations d’organisation ou des promesses sans lendemain.

Nous constatons malheureusement que la Direction semble parfois davantage mobilisée à contester certains constats, à minimiser les problématiques soulevées ou à réduire les difficultés rencontrées à de simples irritants qu’à s’attaquer sincèrement et frontalement aux causes profondes des dysfonctionnements identifiés.

Pourtant, les alertes sont nombreuses. Les constats sont convergents. Les signaux sont au rouge depuis longtemps.

La responsabilité de l’employeur n’est pas de démontrer que la situation est moins grave qu’elle n’y paraît. Sa responsabilité est d’agir pour prévenir les risques, protéger les salariés et mettre en œuvre les moyens nécessaires au bon fonctionnement des services.

Nous le rappelons avec force : la santé au travail ne peut pas être considérée comme une activité secondaire ou comme une variable d’ajustement. Elle constitue un pilier essentiel de la prévention et de la protection des salariés. Lorsque les professionnels chargés de cette mission ne disposent plus des conditions leur permettant d’exercer sereinement leurs responsabilités, c’est l’ensemble du dispositif de prévention qui se fragilise.

La Délégation Spéciale attend désormais autre chose que des constats partagés ou contestés. Les personnels attendent des décisions. Ils attendent des moyens. Ils attendent des actes.

L’expertise a permis d’identifier les difficultés. Il appartient désormais à la Direction d’en tirer toutes les conséquences et de mettre en œuvre sans délai un plan d’actions ambitieux, construit avec les personnels et leurs représentants, afin de restaurer durablement des conditions de travail compatibles avec les exigences des missions exercées.

Enfin, lors de la première restitution de l’expertise auprès des personnels de l’UMS, les agents nous ont clairement fait part de leurs attentes, mais également de leur impatience face à une situation qui perdure depuis trop longtemps. Au-delà des constats désormais établis et largement partagés, ils attendent des réponses concrètes, des engagements précis et des perspectives d’amélioration tangibles.

Une seconde présentation de cette expertise aux personnels de l’UMS est prévue dans un peu plus d’une semaine. À cette occasion, il ne serait ni compréhensible ni acceptable que les représentants du personnel soient contraints de présenter une nouvelle fois un diagnostic sans être en mesure d’évoquer les suites qui lui seront données.

C’est pourquoi, nous demandons à la Direction de transmettre aux élus, dans les meilleurs délais, les décisions prises et les mesures envisagées, accompagnées d’un calendrier de déploiement clair et réaliste. Les personnels de l’UMS sont en droit de savoir quelles réponses seront apportées aux difficultés qu’ils rencontrent et dans quels délais elles seront mises en œuvre.

Déclaration CGT à la Délégation Spéciale des CSEC ENEDIS GRDF du 3 juin 2026 suite expertise sur le bilan de la réglementation et impacts sur le service commun des distributeurs électricité et gaz

Déclaration CGT à la Délégation Spéciale des CSEC ENEDIS GRDF du 3 juin 2026 suite expertise sur le bilan de la réglementation et impacts sur le service commun des distributeurs électricité et gaz

Cette expertise n’est ni un exercice technique, ni un débat d’experts. Elle est née d’un constat grave : le service public de l’énergie a été profondément dégradé, alors même qu’il a démontré dans l’histoire qu’il était le modèle le plus efficace, le plus juste et le plus économique.

Il faut rappeler une vérité essentielle que certains voudraient aujourd’hui effacer. En 1945, la France est un pays détruit. Les réseaux sont endommagés, les infrastructures sont à reconstruire, l’industrie est à relancer et la population est appauvrie. Et pourtant, sur la base du programme du Conseil National de la Résistance, notre pays a fait un choix politique clair : sortir l’électricité et le gaz des logiques de marché, nationaliser, créer un service public intégré, investir massivement, planifier, former et recruter.

Ce choix a permis, en quelques décennies, d’équiper 100 % du territoire, de développer des réseaux robustes et sûrs, d’assurer une sécurité d’approvisionnement exemplaire et surtout de garantir l’électricité et le gaz à tous les Français, partout, à un coût parmi les plus bas au monde. Ce modèle n’a pas seulement reconstruit le pays, il a permis le développement industriel, l’aménagement équilibré du territoire et l’élévation du niveau de vie.

Aujourd’hui, alors que la France n’a jamais disposé d’autant de compétences, d’ingénierie et de moyens techniques, on voudrait nous faire croire que ce modèle serait dépassé. Ce n’est pas une fatalité économique, c’est un choix idéologique et politique.

Depuis plus de vingt ans, sous couvert de concurrence et de modernisation, le service public de l’énergie a été méthodiquement déconstruit. L’expertise réalisée par 3E Consultants pour la Délégation Spéciale d’ENEDIS et de GRDF le démontre clairement, chiffres à l’appui : le maillage territorial a été profondément démantelé.

Dans la distribution d’électricité, on comptait environ 1 500 sites de proximité chez ERDF en 2007. En 2026, il en reste environ 650 à Enedis.

Dans la distribution de gaz, on est passé d’environ 730 sites GRDF en 2007 à environ 400 aujourd’hui.

Plus d’un site de proximité sur deux a disparu dans l’électricité comme dans le gaz. Cette casse du maillage territorial s’est traduite mécaniquement par une perte de proximité, une moindre réactivité et un éloignement du service public des usagers et des territoires. Ce qui pose également des problèmes de sécurité publique, étant donné des délais d’intervention toujours plus importants.

Le rapport est particulièrement éclairant sur la situation financière. Depuis 2008, les remontées combinées de dividendes et distributions d’ENEDIS et GRDF vers les maisons mères dépassent 17,5 milliards d’euros, soit plus de 970 millions d’euros en moyenne par an.

ENEDIS a remonté plus de 8,2 milliards d’euros à sa maison mère depuis la création de la filiale, soit environ 450 millions d’euros par an. GRDF a remonté plus de 9,3 milliards d’euros, soit environ 500 millions d’euros par an.

Les politiques de productivité et de financiarisation ont conduit à une modification profonde de la structure de qualification, à un recours accru à la sous-traitance et à une perte de compétences opérationnelles de proximité. Là où le service public reposait sur des équipes locales mixtes, on a aujourd’hui des organisations éclatées, tendues, moins disponibles et moins réactives.

Pour les usagers, les conséquences sont très concrètes et chiffrées :

Les délais d’intervention et de réalisation des prestations se sont allongés. Là où la proximité permettait des interventions rapides, on observe désormais des délais standards plus longs et la création d’options dites « express » ou « urgence », qui consistent à faire payer aux usagers ce qui relevait auparavant du service public.

Les coûts des prestations ont fortement augmenté en fonction des tarifications facturées ou pas par les fournisseurs. Par exemple, une mise en service mixte, facturée HT, moins de 10 euros dans les années 1990 est aujourd’hui facturée plus de 40 euros, et dépasse 100 euros en cas d’urgence pour chaque distributeur. Aux coûts des prestations fortement augmentées, il faut aussi rajouter le dérangement créé pour l’usager dû au fait qu’il est soumis à deux RDV. Ceci est aussi bien entendu un non-sens écologique.

Des prestations auparavant gratuites ou intégrées au service public sont désormais payantes.

Des différences de traitement existent selon les situations et les équipements, notamment entre usagers équipés de compteurs communicants et les autres, créant des inégalités de prix et de délais pour un même réseau et un même service public.

Dans le même temps, les coûts de distribution ont augmenté, sans amélioration du service rendu. Le service a reculé, la proximité a disparu, les délais se sont allongés, mais les factures, elles, ont progressé. Et pendant ce temps, les dividendes continuent d’être versés.

Voilà le bilan réel et chiffré de la déréglementation !

Les Programmes Progressistes de l’Énergie portés par la FNME-CGT, qu’il s’agisse de l’électricité, du gaz ou de la gestion du service public et des services communs, convergent tous vers le même constat.

Le marché ne planifie pas, le marché n’investit pas dans la durée, le marché renchérit les prix, le marché transfère les risques vers les usagers et le marché affaiblit la souveraineté énergétique.

Alors même que la transition énergétique nécessite des investissements massifs de long terme, estimés à plus de 430 milliards d’euros dans les prochaines années, le marché est structurellement incapable d’y répondre sans faire exploser les factures et aggraver les inégalités sociales et territoriales.

La FNME-CGT affirme clairement que l’énergie n’est pas une marchandise mais un bien de première nécessité. Cela impose de sortir totalement l’électricité et le gaz des logiques de marché, de mettre fin à la mise en concurrence, aux marchés de gros, à la bourse de l’énergie et aux mécanismes spéculatifs.

Cela oblige de reconstruire un grand service public nationalisé de l’énergie, reposant sur deux entités publiques intégrées, l’une pour l’électricité et l’autre pour le gaz, couvrant l’ensemble des filières, de la production à la commercialisation, en passant par les réseaux et les services énergétiques, avec un principe simple et vertueux : chaque euro d’excédent doit être intégralement réinvesti dans le service public.

Cela impose également de remettre au cœur du dispositif les services communs, sans lesquels il n’y a pas de véritable service public : la formation des métiers de l’énergie, une recherche et développement publique intégrée, un service public aux usagers garantissant l’accès à l’énergie, un service public de l’efficacité et de la performance énergétique et une gestion publique des données énergétiques.

La FNME-CGT revendique un juste prix de l’énergie, avec des tarifs réglementés pour l’électricité et le gaz, des factures transparentes intégrant la production, l’acheminement, les investissements d’avenir et la solidarité nationale, une TVA à 5,5 % sur l’ensemble de la facture et la suppression des coûts parasites liés au marché. Ces mesures tarifaires permettent aux usagers de retrouver du pouvoir d’achat et, aux entreprises, compétitivité ainsi que souveraineté.

La FNME-CGT revendique la garantie effective du droit d’accès à l’énergie, avec l’interdiction des coupures et des réductions de puissance, la lutte structurelle contre la précarité énergétique et le rétablissement plein et entier de la péréquation tarifaire nationale.

La FNME-CGT revendique le renforcement du maillage territorial et de la proximité, par la réouverture de sites de proximité, la ré internalisation des activités essentielles, la réduction des délais d’intervention et une présence humaine sur l’ensemble du territoire.

La FNME-CGT revendique que les distributeurs répondent aux principes du service public à savoir l’égalité de traitement, la continuité d’alimentation en gaz et en électricité à travers un service de dépannage et d’urgence 24/24 et 7/7 pour tous les usagers sur le territoire national. L’organisation du travail doit aussi permettre de respecter les temps de travail et de repos des agents.

La FNME-CGT revendique des garanties collectives de haut niveau pour tous les travailleurs de l’énergie, avec le maintien et l’extension du Statut des IEG comme socle, y compris pour les salariés des entreprises sous-traitantes, et la reconnaissance du rôle central des agents dans la continuité et la qualité du service public.

Enfin, la FNME-CGT revendique une gouvernance démocratique du service public de l’énergie, associant l’État, les salariés, les usagers et les collectivités, afin que les choix énergétiques relèvent de l’intérêt général et non des logiques financières.

Ce que nous portons n’est ni utopique ni passéiste. Nous l’avons déjà fait. Nous l’avons fait dans un pays détruit par la guerre et cela a permis un développement pour tous, à moindre coût.

Aujourd’hui, refuser ce modèle n’est pas un problème technique. C’est un choix politique !

Pour la FNME-CGT, le choix est clair : l’énergie doit redevenir un bien commun, l’énergie doit redevenir un service public nationalisé, et nous ne renoncerons jamais à cette revendication.

Résolution de la délégation spéciale des CSE C ENEDIS et GRDF du 3 juin 2026 suite à l’expertise libre « Bilan de la déréglementation et impacts sur le service commun des distributeurs Electricité et Gaz »

Les élus des CSEC d’ENEDIS et de GRDF réunit en délégation spéciale du 24 avril 2025 ont mandaté le cabinet 3e consultants dans le cadre d’une expertise libre. Le but de cette expertise était de dresser un bilan des conséquences de plus de 20 années de déréglementation imposée au secteur de l’énergie.

Cette déréglementation, imposée sous couvert de directives européennes, a organisé méthodiquement :

• La fin du monopole public,

• La séparation des activités,

• Et la mise en concurrence de ce qui relevait du bien commun.

Elle n’est pas un hasard, mais bien un choix politique assumé, dont les conséquences sont aujourd’hui documentées par ce rapport d’expertise.

À la lecture de celui-ci, les élus de la Délégation Spéciale des CSEC d’ENEDIS et de GRDF affirment avec force que la déréglementation constitue un échec majeur pour l’intérêt général.

La distribution de l’électricité et du gaz a été morcelée, transformée, financiarisée, avec la création des filiales ERDF ensuite ENEDIS et GRDF. Une décision qui n’était pas imposée par les directives européennes et qui relève bien d’une décision des directions.

Le maillage territorial historique, garant de la continuité du service public de proximité, a été déconstruit au profit d’une logique de rationalisation, productivité et financiarisation.

On se rend compte que les choix de gestion ont été et sont toujours guidés par des objectifs qui priorisent la rentabilité financière, rompant avec les fondements mêmes du service public et la notion de proximité.

Les élus de la Délégation Spéciale des CSEC d’ENEDIS et de GRDF dénoncent une transformation profonde : le passage d’un service public de l’énergie à une industrie de l’énergie soumise et dépendantes des logiques de marché.

En effet, la libéralisation du marché de l’électricité et du gaz s’est traduite par une explosion des prix de l’énergie, durable, supérieure à l’inflation, touchant de plein fouet l’ensemble des ménages et des petites entreprises, et exposant les usagers aux aléas de crises géopolitiques majeures.

Le système est devenu illisible et complexe, avec la multiplication des fournisseurs et des offres, au détriment des usagers.

Le service public de la distribution d’électricité et du gaz a été démantelé progressivement, avec des délais d’intervention et distance qui s’allongent, des dépannages reportés, des prestations dont les prix et les délais ont explosé, et une disparition de la proximité. Ceci est la conséquence directe des multiples réorganisations subies par les distributeurs et le service commun au nom de la productivité et de la rentabilité.

Pour les élus de la Délégation Spéciale des CSEC d’ENEDIS et de GRDF ces éléments ne sont pas des dysfonctionnements : ce sont les conséquences directes d’un modèle organisé pour servir le marché et non les usagers.

Les agents sont les premiers à subir les conséquences de cette politique, avec une intensification du travail, et une dégradation des conditions de travail et d’intervention, dans un contexte d’instabilité organisationnelle chronique.

Les suppressions d’emplois, l’externalisation et la perte de compétences ont affaibli durablement les collectifs de travail.

La perte de sens est aujourd’hui majeure, avec une remise en cause de leur rôle au service de l’intérêt général.

Pour les élus de la Délégation Spéciale du CSEC d’ENEDIS et de GRDF, la réalité est claire : cette déréglementation s’est faite sur le dos des agents et des usagers, au détriment des missions de service public.

Les élus des CSEC d’ENEDIS et de GRDF dénoncent une politique qui a consisté à substituer l’objectif de la rentabilité financière à celui de la poursuite de l’intérêt général. Cela a affaibli un modèle public pourtant reconnu depuis sa création pour son efficacité et son ancrage territorial.

Ils constatent que malgré les discours officiels, les missions de service public sont aujourd’hui, fragilisées, dénaturées, et soumises à des arbitrages économiques contraires à l’intérêt des usagers.

Les élus de la Délégation Spéciale des CSEC d’ENEDIS et de GRDF le réaffirment : l’énergie n’est pas une marchandise.

Le rapport Cabinet 3E Consultants confirme dans son rapport d’expertise que les réseaux vont être au cœur de la transition énergétique et des politiques climatiques.

Mais les élus des CSEC d’ENEDIS et de GRDF alertent :

  • sans rupture avec les logiques actuelles,
  • sans réappropriation publique du secteur,
  • sans moyens humains et financiers,
  • sans repenser le modèle actuel dans son intérêt initial,

la transition énergétique risque d’être instrumentalisée au profit des mêmes logiques de marché qui ont conduit à la situation actuelle.

Ils rappellent que les réseaux de distribution sont des infrastructures stratégiques, nécessitant une vision commune et de long terme incompatible avec la recherche de rentabilité immédiate.

Face à cette situation, la Délégation Spéciale des CSEC d’ENEDIS et de GRDF porte des exigences claires :

Pour les usagers

• Le retour d’un véritable service public commun de l’énergie

• Le retour à un service commun de proximité accessible à tous

• Une garantie des prix de l’énergie et des prestations réalisées correspondant aux couts réels des infrastructures.

Pour les agents

• L’arrêt immédiat des suppressions d’emplois,

• Un plan massif de recrutements en adéquation avec la mission de service public

• L’amélioration des conditions de travail et de sécurité

• La reconnaissance pleine et entière des qualifications et du savoir-faire des agents

Pour le secteur énergétique

• Un pilotage public renforcé et démocratique, en lien FFCCR et AODE dans un maintien du régime concessionnaire de la distribution

• Une place centrale de la distribution mixte dans la transition énergétique,

• Une refonte du modèle de régulation au service de l’intérêt général

Pour les élus des CSEC d’ENEDIS et de GRDF, il ne s’agit pas d’ajustements : il s’agit d’un changement complet de cap.

Les élus des CSEC d’ENEDIS et de GRDF réaffirment avec force : l’énergie est un bien commun essentiel qui doit sortir des logiques de marché.

Ils appellent à la reconstruction d’un grand service public de l’énergie, et la mise en place d’un modèle répondant aux besoins sociaux et environnementaux.

Les élus des CSEC d’ENEDIS et de GRDF continueront à dénoncer toutes les politiques qui affaiblissent le service public de l’énergie, les droits des agents et des usagers.

Dès lors, la Délégation Spéciale des CSEC d’ENEDIS et de GRDF :

• Prend acte d’un rapport qui confirme l’ensemble des analyses portées par les élus des CSEC d’ENEDIS et de GRDF depuis des années

• Dénonce les responsabilités politiques et industrielles des dirigeants dans la situation actuelle

• Exige l’ouverture immédiate d’un débat national sur l’avenir du service public de l’énergie

• Mandate l’ensemble de ses membres et représentants pour porter ces revendications auprès des directions, des pouvoirs publics et des instances nationales, et des organes de presse.

La Délégation Spéciale des CSEC d’ENEDIS et de GRDF mandate ses membres et représentants afin que le rapport réalisé par le cabinet 3E Consultants soit utilisé à des fins pédagogiques d’information et de communication tant à l’égard du personnel, qu’à destination du public, et notamment les usagers, autorités et représentants de la nation.

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